La jeunesse du monde avec Gaza
- Illan Kadouli
- 1 sept. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 avr. 2025
Depuis le 7 octobre 2023, l'armée israélienne bombarde la bande de Gaza, territoires palestiniens, suite aux attaques perpétrées par le Hamas, revendiquant l'indépendance palestinienne. Une 'riposte' qui a, à ce jour, coûté la vie à plus de 35 800 palestiniens dont plus de 14 000 enfants, selon l'Unicef. Une situation d'horreur à laquelle nous assistons, tous les jours car, grâce aux moyens technologiques actuels, les atrocités dont sont victimes les Palestiniens sont diffusées en direct, sous nos yeux. Dans le monde entier, des milliers de personnes se sont mobilisées pour protester contre les agissements de l'armée Israélienne.

Après plus de 8 mois d'attaques sur les territoires palestiniens, le conflit s'est exporté dans le monde entier. En effet, la réaction minime des états occidentaux face au conflit, a amené à un réel soulèvement populaire. Et parmi eux, les étudiants ont un rôle majeur dans cette protestation.
Une nouvelle génération d'idée
Ces derniers mois, la jeunesse du monde refuse de rester silencieuse face à la situation catastrophique au Moyen-Orient. De par des manifestations, des blocus dans les universités du monde entier, on assiste à un soulèvement de ces étudiants en colère. Ces révoltes ont un poids énorme pour la cause palestinienne : alors que leur gouvernement se range du côté d'Israël, les étudiants prennent parti. Le contexte politique américain est très particulier concernant la situation palestinienne. En effet, le président Joe Biden ne cache pas son alliance avec l'état d'Israël, et son soutient concernant les attaques réalisées ces derniers mois, par Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien. Une prise de position contestée par une partie du peuple américain, qui lutte pour un cessez-le-feu immédiat dans la Bande de Gaza. Le vendredi 26 avril, des campements ont été mis en place par les étudiants de l'université de Columbia à New York, qui exigent des mesures immédiates du gouvernement ainsi que l'arrêt total de financement entre les universités et les entreprises liées à Israël. De l'université Georges Washington dans la capitale, l'UCLA (Université de Californie à Los Angeles), plus de 500 arrestations ont eu lieu selon le New York Times. Il s'agit de l'un des soulèvements étudiants les plus importants de ces derniers temps.

Si la protestation de la jeunesse compte c'est surtout pour leur courage et leur bravoure face à l'inaction et à la complicité du gouvernement face à la situation palestinienne. Le président américain Joe Biden a exhorté les diplômés du Morehouse College, le 19 mai à Atlanta, à ne pas renoncer à la démocratie dans un sombre discours d'ouverture, censé montrer une certaine reconnaissance de leur colère concernant Gaza. Une énième promesse de paix revendiquée pour calmer les révoltes, à laquelle certains étudiants présents lors du discours, ont décidé de ne pas croire, en tournant le dos au président Biden. Un geste fort, qui montre l'exaspération et la colère des étudiants face aux agissements de leur gouvernement. On rappelle que les gestes politiques comme celui-ci, ont un impact important aux yeux du monde.
Les étudiants réprimés
Contrairement à de nombreuses manifestations qui peuvent se dérouler sans que les forces de l'ordre interviennent, celles des étudiants demandant un cessez-le-feu à Gaza, semblent gêner davantage. C'est vrai, le 11 mai 2024, plus de 850 militants d'ultra-droite ont pu scandé leur racisme dans les rues de la capitale sans être arrêtés ou violentés par les forces de l'ordre. Et on ne peut malheureusement pas en dire autant des 86 étudiants de la Sorbonne, placés en garde-à-vue après avoir milités pour la justice à Gaza, dans l'enceinte d'un amphithéâtre. En Allemagne, le mardi 7 mai, des manifestants avaient monté des tentes et formé une chaîne humaine et protester en criant des slogans de soutien tels que 'Viva, viva Palestina', la police a fait usage de gaz lacrymogène contre certains des manifestants. L'université a déclaré dans un communiqué que les étudiants avaient rejeté toute forme de dialogue et qu'ils avaient donc fait appel à la police pour évacuer le campus ... Aux États-Unis, la police a également fait usage de la force pour disperser les manifestants. Le président Joe Biden s'est exprimé à ce sujet affirmant qu’il défendait la «liberté d’expression» et que les Etats-Unis ne «sont pas un pays autoritaire qui réduit les gens au silence», mais il tenait à rappeler que «l’ordre doit prévaloir», et avertit que «l’antisémitisme n’a pas sa place» dans les universités. Cette répression montre les tensions qui subsistent dans le monde concernant la question palestinienne et soulève un réel problème : peut-on encore pouvoir dénoncer les agissements du gouvernement Israélien à Gaza sans être accusé d'antisémitisme ? De grave accusations qui contribuent à la décrédibilisation de la lutte contre l'antisémitisme. On peut d'ailleurs voir que cette pratique est courante : lorsque le présentateur d'origine juive tunisienne, Cyril Hanouna, considère que le boycott de son émission est un acte antisémite, c'est en réalité un acte de manipulation qui vise à culpabiliser les personnes voulant boycotter son émission, qui sert de caisse de résonnance à l'extrême droite.
Le soutien des étudiants à Gaza et jusqu'à Gaza
La jeunesse est surtout marquée par un outil, que l'on peut qualifié de révolutionnaire dans un contexte comme celui-ci : les réseaux sociaux. Si l'on a beaucoup critiqué les jeunes pour leur utilisation constante des réseaux sociaux, il est maintenant temps de se pencher sur les pouvoirs de cette technologie (bien qu'elle possède également d'énormes défauts). 24 heures sur 24, nous assistons (parfois même en live) sur Tiktok ou Instagram à un des plus importants génocides du 21ème siècle. Cet accès permanant à la situation palestinienne permet d'avoir énormément d'informations et ce, en temps réel. On a pu constater cela lors du bombardement du camp humanitaire à Rafah, le 26 mai, faisant 45 morts et plus de 250 blessés, les images sont parvenues très rapidemment grâce aux personnes présentes sur place. Cela nous permet d'être sensibilisés sans cesse, sur l'atrocité et l'horreur que vit en ce moment même le peuple palestinien. Les réseaux sociaux permettent un impact fort dans la société, étant donné la place qu'ils occupent aujourd'hui, car il se peut que des personnes peu informées, le soit très rapidement grâce aux stories et vidéos relayées sur le sujet.




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